Chronique : Quand le plus prestigieux tournoi... par notre Croucholino.
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Quand le plus prestigieux tournoi du monde devînt le plus ennuyeux
Je fais partie de ces personnes qui, lorsqu'elles regardent un film, n'aiment pas connaître le dénouement avant le générique de fin. Si je me rends dans une salle de cinéma ou m'assieds devant le téléviseur pour un match de tennis, c'est pour des raisons bien précises, des raisons logiquement inhérentes à l'activité : le divertissement, l'attente du spectacle, le suspense ou encore l'émotion.
Alors que la cuvée 08 de Wimbledon fut fantasmagorique dans l'histoire tennistique à tel point que Monsieur Mc Enroe en personne parlera de l'évènement sportif du siècle, celle de 09 est plus que jamais grandiloquente. Décidément, en l'absence de Rafael Nadal, l'effet Meissner du tennis ne prend pas.
Le Grand Chelem londonien est intrinsèquement à bien des égards le plus passionnant des tournois. La coutume qui l'entoure le rend indéniablement intéressant. Il est plaisant de voir jouer des athlètes dans une couleur aussi pure et symbolique que le blanc. Il est aussi plaisant d'admirer la relative rapidité du gazon. Les raisons du prestige en sont aussi historiques.
Non, vraiment, je ne m'y résous pas.
Les grandes histoires se font avec de grands hommes. Les grandes batailles ne sont pas le fait de boucheries héroïques pour reprendre Voltaire. Elles sont l'expression d'une confrontation non perçue comme une victoire annoncée. Et pourtant...
Pourtant, ce Wimbledon ressemble de plus en plus à un sacre avancé. L'on pourra toujours dire que l'adoubement d'un chevalier ne tient pas à la démission de ses adversaires, mais il laissera toujours un goût amer dans la bouche. Même si le seul témoin du talent et de la force de Nadal n'y est pour rien, Pierre Corneille le disait très justement : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».
Le cinéma est marqué par des duels mythiques. Que serait le film Heat sans la présence d'Al Pacino ? Que serait « Il était une fois dans l'ouest » sans Charles Bronson ? Ou encore que serait Fulltime Killer sans Andy Lau ? Aucune idée. En effet, puisqu'on ne l'imagine pas. Il en est de même pour l'histoire du tennis. Dans l'imaginaire des amateurs de tennis, il devient de plus en plus inconcevable de voir une finale sans les deux grands champions de l'époque. Deux hommes sans lesquels le tennis est en berne.
Malheureusement pour le sport, a fortiori pour nous-autres admirateurs du seul et unique barreur de routes au joueur le plus talentueux selon ses pairs (sic), n'est pas là.
A l'heure où j'entame le dernier paragraphe de cet article qui finalement portera un titre n'en reflétant pas exactement le contenu, le britannique confirme en tous points ce qui avait déjà été énoncé : le tennis mondial masculin est un bassin à deux piscines où seuls Rafael Nadal et Roger Federer nagent dans le grand bassin. Le reste, lui, patauge dans une piscine sans profondeur en se contentant de regarder les deux champions et recordmen du grand bain. Cependant, alors que les esthètes de tous bords retiennent leur souffle en vue de l'ajout d'une nouvelle page suisse au livre des records, les supporters orphelins de leur créateur d'émotions scrutent déjà un autre horizon. Ils regardent déjà vers le plongeoir numéro deux en vue d'un nouveau lancement du champion espagnol. Et, à bien des titres, sa présence rendra sûrement un nouveau souffle au spectacle, à la manière d'un Clint Eastwood qui, après avoir été un formidable acteur, a repris les rênes d'un cinéma époustouflant.
Rafa, s'il te plaît, pour la beauté du sport et pour le tennis-frisson, aligne-toi de nouveau au départ des
courses-serrements de cœur dont toi seul es le maître !
Pour le plaisir de nos bloggeuses...
Merci à notre Croucholino !
